Sarah Lenka

Après deux disques de jazz salués par la critique (Am I Blue en 2008 ; Hush en 2012) et remarqués du public, la jeune chanteuse Sarah Lenka – désignée dès 2007 meilleure artiste vocale féminine de l’année par la Sacem – a décidé de se consacrer au répertoire de Bessie Smith.

Mais loin de vouloir coller à son modèle, elle aborde ce répertoire à sa façon, dans un registre folk-blues qui permet d’en redécouvrir la profondeur et le pouvoir d’émotion. De son timbre éraillé, de son grain de voix troublant et de sa sensibilité féline, Sarah Lenka restitue sans fard toute la profondeur de ces chansons, qui n’ont pas vieillies tant ce qu’elles nous disent de la condition humaine, de l’amour, du désir, reste intemporel et continue de nous parler. Sur scène, elle parvient à les faire siennes, loin de toute affectation, entre fragilité intime et force de caractère. Changeant de registre par rapport à ses albums passés, entourée d’une équipe renouvelée, Sarah Lenka ravive l’esprit endiablé de Bessie, comme elle sait aussi en extraire la mélancolie passagère et l’ironie amère. Autour de la contrebasse de Manuel Marchès, avec les guitares croisées de Fabien Mornet et Taofik Farah, qui usent aussi du banjo ou du dobro pour donner à ce répertoire les couleurs de l’Americana, dans une veine folk/pop, elle sait aussi revenir aux racines du blues et, parfois, au jazz canaille des origines, lorsque la trompette de Jérôme Etcheberry et ses sourdines viennent caresser sa voix.

Totalement réarrangées par le groupe, les chansons de la grande Bessie trouvent sous la voix de Sarah une résonance originale. L’album « I don’t dress fine », sortira en octobre.

(source : Line up productions / iconographie : © Hugues Anhes)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *