Leonard Cohen

Que dire sur Leonard Cohen, tout a été écrit avec brio et finesse. Je l’aime et on ne veut pas laisser mourir ceux qu’on aime, voilà tout est dit. Ma plume glisse et je ne sais où elle va.

Cet homme était un trésor vivant, élégant comme comme un dandy d’un autre âge, mélancolique comme un poète sur la grève, tendre et aimant comme un humain qui connait la faiblesse des Hommes. Quelques mois à peine après le départ en voyage de Marianne Ihlen, son Amour éternel, comme il se plaisait à le dire, il vient de la rejoindre dans un lieu connu d’eux seuls qui ressemble peut-être à l’île grecque d’Hydra où ils s’étaient rencontrés il y a bientôt  vingt cinq ans. Il  lui avait adressé une dernière lettre peu de temps avant son départ en voyage, elle se terminait par :

Nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux, nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. Sache que je suis si près derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. Et tu sais que j’ai toujours aimé ta beauté et ta sagesse et je n’ai pas besoin d’en dire plus parce que tu sais tout cela. Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin.

Leonard Cohen a traversé le temps, les époques, les modes, sans ciller, restant ce qu’il était, ce qu’il est, ce qu’il sera toujours Leonard Cohen. Il serait trop long et presque indécent de rappeler son extraordinaire longévité, 14 albums et cinquante ans de carrière. Rappelons simplement que Leonard Cohen a livré aux générations futures son dernier opus sorti il y a peu, You want it darker, album profond et sobre mais jamais désabusé, les mots d’un homme qui connaît la réalité et qui l’a acceptée. Contrebasse, voix grave, et gravité ponctuent cet album testament. La mort était présente en filigrane, comme dans ses paroles  » Hineni, Hineni, I’m reayd my Lord » (Me voici, me voici, je suis prêt mon Dieu).

La mort et la relation à Dieu, se font plus précises, plus pressantes, même si sa Judéité a toujours discrètement parcouru son œuvre. Cette œuvre crépusculaire s’était accompagnée d’un commentaire malicieux à des journalistes venus l’interviewer  » J’ai l’intention de vivre éternellement ».

Tu es exaucé Léonard, tu vis désormais éternellement. Tu as « quitté la table » comme l’évoque l’un des titres de You want it darker,  pour aller apporter ta Lumière dans la grande salle de bal.

Le train arrive en gare et tu n’entends déjà plus les mots du Kaddish, tu t’es levé car tu l’as vue, elle est là sur le quai à t’attendre sourire aux lèvres, celle à qui tu avais fixé rendez-vous au bout du chemin, Marianne Ihlen. Vos Lumières s’unissent désormais dans un Éternel Amour.

 

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